Introduction
Traitements de l’impossible
Le trésor des signifiants a beau être vaste et bien sûr complet, jamais il ne recouvre le réel, rien notamment ne vient dire « La femme ». Cela confronte chaque une à l’obligation d’inventer. A l’endroit de la féminité, l’Autre ne répond pas et chaque femme, au sortir de l’enfance, rencontre ainsi intimement une des versions de S de grand A barré.
Ces derniers mois, j’avais envie de lire de la poésie, de retourner vers l’art, d’interroger des créations… Lire Lacan éventuellement, mais surtout des poètes… et mêmes plutôt des femmes poètes.
Je vous avais dit en octobre qu’ avant de rencontrer Freud ou Lacan, certains écrivains, certaines artistes m’avaient accompagnés sur ce chemin qu’une femme parcourt vers la féminité et plus particulièrement au carrefour où elle croise S de grand A barré, au lieu ou elle « choisit » éventuellement de ne pas être toute dans la fonction phallique.
J’avais, au départ, une question un peu floue concernant les traces de tout cela dans les œuvres d’art.
Dans ma lecture de Lacan, j’ai suivi 2 pistes : d’une part, sa trajectoire autour de S de grand A barré. D’où venaient ces lettres auxquelles les femmes auraient particulièrement affaire ? D’autre part, j’ai essayé de suivre les traces de sa construction de ce « pastout », de ce « pas toute dans la fonction phallique ». D’un côté comme de l’autre m’est souvent revenue cette phrase de Samuel Beckett répondant à Charles Juliet qui lui parlait justement des mystiques.
« Oui …j’aime… j’aime leur… leur illogisme… leur illogisme brûlant… cette flamme… cette flamme… qui consume cette saloperie de logique ».
Il est certain que j’ai passé de longues heures loin de la poésie.
Je ne vais pas vous infliger toutes mes errances dans le champ de la logique lacanienne.[1]
[1] Par contre je conseille à tous la lecture du livre de Guy Le Gaufey : Le pastout de Lacan, à assortir de l’article critique de Christian Fierens pour faire bonne mesure. Et sur le chemin de S de grand A barré, après de long détour, j’ai croisé un texte de Marc Darmon que je conseille aussi « L’Autre comme lieu ». Cela m’a aidé à retrouver une certaine direction. Voilà quelqu’un qui parle de choses complexes d’une manière claire. C’est rare. A lire aussi