Collège des associés du 24 novembre 2012
Présents : Françoise Antoine, Raymond Aron, Daniel Bonetti, Joëlle Conrotte, Anne Debaar, Godelieve Donck, Christian Fierens, Colette Godfrin, Sylvain Gross, Clarissa Marco, Martin Petras, Felix Samoïlovich, Nadine Van den Broeck, Bernadette Weyergans, Martine Zwick
Beaucoup de monde, donc, pour relancer les échanges après l’assemblée générale du mois de juin. Une question préalable a traversé la reprise des débats :
A propos de la légitimité du Collège des associés.
Cette séance ouvre la deuxième année de travaux du Collège des associés, dont la constitution temporaire avait été décidée en assemblée générale, et dont les propositions ont toujours été soumises au vote de l’assemblée générale. Le Collège des associés est constitué des associés mais aussi, comme au Conseil, de deux membres adhérents. Si sa légitimité est confirmée, il faut prendre en compte le fait que certains ont eu l’impression, en assemblée générale, d’avoir été mis devant le fait accompli, de ne pas avoir eu assez de temps pour penser les propositions mises au vote. Comme le souligne le membre adhérent présent, c’est sur la manière dont le Collège s’est formé (sur le statut des associés) que certains peuvent craindre une prise de pouvoir. C’est donc bien qu’il y ait des adhérents présents, et peut-être que ça tourne, et surtout que les rapports de réunion circulent et puissent être lus bien avant les AG, pour pouvoir penser, faire circuler le travail.
Enfin, plusieurs personnes le rappellent : l’institution ne se réduit pas aux instances, il y a de multiples manières d’engager son désir de transmission de la psychanalyse au Questionnement, sans qu’il soit nécessaire pour cela d’être membre associé. L’institution est avant tout un lieu d’adresse, une plage pour qu’un dire s’exprime.
Vers une séparation en deux temps du cartel d’association ?
Les membres du bureau ont relancé le débat en donnant à lire le texte de Bernadette destiné à l’AG de juin 2012 et le texte de Colette sur le témoignage indirect. Enfin Joëlle reprend des éléments du Manifeste, rappelant que Lacan distingue hiérarchie et gradus. Cette distinction permet de s’écarter de la question du pouvoir ou de la reconnaissance.
Le gradus correspond à un pas, un acte, avec une reconnaissance sur ce que cet acte a eu lieu ou pas : ce n’est pas un galon. Bien sûr cela débouche sur le collectif, de quelques autres : qui reconnaît ? Dans le Manifeste revient la question du pas tout : il n’y a pas reconnaissance d’un analyste, mais qu’il y a de l’analyste.
Le cartel d’association n’est pas la Passe mais l’esprit de la Passe est au travail dans le cartel d’association. Il y a déplacement de la garantie : les formations de l’analyste relèvent des formations de l’inconscient. Tout ceci est en lien avec la théorie de la régénération : la théorie est toujours en défaut par rapport à la singularité de l’expérience. (extrait du Manifeste pour la psychanalyse p.79 : « Elle (l’association de psychanalystes) a, ou plutôt, devrait avoir, un rapport à la théorie qui est de régénération, car la généralité de la théorie, aussi pertinente soit-elle, est toujours en défaut au regard de la singularité de l’expérience qu’elle permet »)
La dimension institutionnelle doit-elle être toujours présente, ou le dispositif pourrait-il être proposé à des personnes extérieures qui souhaiteraient s’y inscrire ? comme dans la Passe interassociative ? rappelons que dans l’histoire du Questionnement, un membre (Henri Krutzen) s’est engagé dans le dispositif juste avant son départ définitif au Brésil, montrant bien par là que c’est le dispositif de travail qui l’intéressait et non un engagement dans les instances. En théorie, déjà maintenant, des personnes extérieures pourraient demander la constitution d’un cartel d’association : le passant contacte en effet les personnes de son choix qui lui font une réponse individuelle : nulle permission à demander à quiconque…
De la même manière, on pourrait imaginer que des membres décident de faire une Passe en dehors du Questionnement, si les collègues leur semblent trop proches.
Reste alors le deuxième temps, institutionnel proprement dit. Un consensus semble se dessiner en fin de réunion : le membre qui a passé le cartel d’association (qui serait nommé dorénavant cartel de Questionnement ?) pourrait dans un temps ultérieur se proposer à participer aux instances. Il serait alors coopté par les autres associés. On voit donc que le cartel ( d’association ? de questionnement ?) retrouverait pleinement son sens analytique, il serait la condition préalable mais non automatique à la participation aux instances de l’institution.
Discussion à reprendre certainement en janvier : j’envoie ce compte-rendu aux membres du Collège des associés ; à charge du Bureau de décider de le faire circuler plus largement.
Pour le Collège des associés,
Nadine van den Broeck