Collège des associés du 21 avril 2012.

Présents : Daniel Bonetti, Joëlle Conrotte, Christian Fierens, Colette Godfrin, Sylvain Gross, Martin Petras, Nadine van den Broeck, Beatrice Wauters, Bernadette Weyergans, Martine Zwick.

Excusés : Godelieve Donck, Anne Debaar, Brigitte Furnelle.

Lecture est faite du compte-rendu de la séance précédente. Une remarque est faite quant à ce compte-rendu : il prendrait trop en compte le point de vue du cartel d’association dans son abord institutionnel, et laisserait de côté ce qui a été dit de son autre aspect (l’abord analysant). C’est de ce double aspect, institutionnel et analysant, que la discussion redémarre.

L’instituant et l’institué

Si le cartel d’association a un aspect analytique, il revient à l’institution de mettre en place de l’instituant (comme le témoignage indirect). Chez les analystes qui pratiquent le trait du cas, il y a des conditions institutionnelles (en terme d’analyse, de cures, de contrôles) : les deux aspects sont à tenir ensemble : l’instituant consiste à ne pas séparer les deux. On remarque qu’au Questionnement, il y a de l’institué, et de l’instituant (comme la remise en cause actuelle des procédures ).

De la difficulté de définir l’objet du cartel d’association

Le cartel d’association engage autrement qu’un dispositif de supervision. Son objet est difficilement cernable : en tous cas on ne sait pas à l’avance ce qu’on en attend. L’associant est bien sûr invité à reparler de la fin de l’analyse, des « signifiants privés de la cure quand on s’autorise à les socialiser », du désir de l’analyste. Mais ces questions sont en perpétuel avancement, on en fait plusieurs fois le tour, et on rappelle que de l’insaisissable du désir, il est impossible de parler…

Y a-t-il accord sur la proposition de scinder le dispositif en deux temps ?

L’idée de séparer le dispositif de l’institutionnel permettrait d’élargir le cartel d’association à des personnes extérieures  comme écoutants, mais pourquoi pas aussi comme passants…
Le premier temps est pourtant déjà institutionnel, sinon rien n’oblige la personne à le faire au sein du Questionnement. Que devient la question de la garantie que demande l’association ?

Qui demande ?

Ce qui n’est pas clair c’est qu’on ne connaît pas la fonction des membres associés. Il y a une demande de l’institution qui peut être explicite ou implicite (elle se lamente, l’institution !).
Le cartel d’association reste une démarche qui relève du sujet. La demande de l’institution pourrait être le deuxième temps, et permettre au sujet de répondre oui ou non…D’autres suggèrent plutôt que l’institution fasse offre de ce deuxième temps…Après une passe sans nomination, que dire, qu’en faire ?  Le laisser au cas par cas ? On attend du cartel d’association qu’il permette la constitution d’un vivier de personnes actives dans les différents dispositifs (et on est en train de les complexifier, il y aura besoin de bras !). Ce vivier se constituera-t-il par la libération d’un lieu de parole ? Comment créer le cadre pour arriver à ce que les gens aient envie de s’engager ? Comment faire pour que les gens ne sentent pas une pression ? Il semblerait que certains se soient abstenus de passer le cartel d’association parce qu’il était lié à l’engagement institutionnel.

Un autre point de vue est que Lacan en ’64 avait d’emblée deux catégories de membres : l’institution demande, et on ne peut pas refuser, du fait même de sa participation dans l’institution. Mais faire le cartel d’association c’est faire un acte qui a déjà des effets sur l’institution.  « Le biais du devoir c’est la mort du désir à l’œuvre. »
Cette discussion entre l’insistance mise sur le désir singulier de chacun, ou sur la demande institutionnelle, traverse aussi la question des activités collectives : certains viennent peu aux réunions mais travaillent beaucoup en cartel… travail invisible. Il est impératif de le rendre visible par exemple dans les intercartels…

Et si c’est l’institution qui invite au deuxième temps, s’agirait-il du Bureau, du Conseil, du Collège des associés ? Faut-il rester fidèles aux fondateurs, et garder le Conseil ? Quel est le pouvoir exact du Bureau ? Essentiellement, organiser et soutenir le travail, le rendre visible : par exemple, le thème valable pour deux ans, clôturé par un colloque (un discours, ça produit).

Les gens viennent trouver ce qu’on leur propose, et certains insistent pour rendre l’offre attractive aux jeunes collègues, en prêtant attention aux nouvelles réalités cliniques. Le contexte social a changé par rapport au temps où la psychanalyse était dominante, le modèle de la névrose plus répandu… On pourrait interroger les jeunes entrés sur la spécificité de leur clinique… On pourrait faire offre d’enseignement, répondre à la demande effective des jeunes qui est une demande de formation…

Le Questionnement, constitué par des fondateurs qui étaient des analystes déjà formés, doit s’adapter à l’entrée de jeunes en voie de formation. L’ouverture de la plupart de nos activités au public extérieur va sûrement en ce sens.

Pour la prochaine réunion, il est proposé que chacun rédige une proposition pour un nouveau dispositif de cartel d’association.

 Pour le collège des associés,
Nadine Van den Broeck

P.S. La rédaction des compte-rendus est d’autant plus ardue que participer aux discussions rend la prise de notes aléatoire. Si vous souhaitez préciser ou développer une idée, envoyez-moi quelques lignes et d’un simple clic je le transfèrerai aux associés.