Collège des associés du 10 décembre 2011.
Présents : le collège des associés, sauf : Daniel Bonetti absent, Christian Fierens et Françoise Antoine, excusés. Charles Van Puymbroek, présent, l’était aussi la fois dernière mais j’ai oublié de le noter dans la liste des présents, qu’il m’en excuse !
Institution et démocratie.
Un membre entame la réunion en faisant part de son état d’esprit depuis le mois de juin.
A la relecture, les textes fondamentaux sont fort bien faits. Ce membre craint une rigidification des procédures : le Collège des Associés n’est-il pas déjà en soi un mouvement défensif, vidant de leur substance le Bureau et le Conseil ? Ne risque-t-on pas d’augmenter les exigences surmoïques, et d’empêcher le désir de travail ?
Prenant au sérieux la question de la rigidité, un des deux membres adhérents invités propose d’étendre le débat à la démocratie. Comment se fait-il que le pouvoir se sépare de la communauté ? On ne peut pas empêcher le phénomène : il n’existe pas de démocratie directe, il existe des instances, incarnées ou non. Faut-il pour autant parler de rigidité ? L’autorité vient du signifiant : quelqu’un parle, plus fort que les autres, ou représentant le mieux la pensée des autres à ce moment…Le savoir profane se produit en se dissociant des affaires de la cité, et il nécessite pour cela une certaine immunité (sous Staline, le social a envahi toutes les sphères). Il faut se séparer de la cité pour exercer la psychanalyse. Le transfert n’est pas démocratique : il y a une asymétrie, une disparité..Qui n’empêche pas que par la suite autre chose se constitue..Il importe d’accepter une autorité qui découle du jeu des signifiants.
La psychanalyse a plus à craindre de l’extérieur que de périls internes. Il faut distinguer l’Idéal de l’institution, de l’institution idéale qui n’existe pas.
Les nouveaux dispositifs
Le Collège des Associés a été décidé en AG, son but est d’impliquer plus les associés dans le fonctionnement analytique. Les associés sont ceux qui ont l’expérience de l’institution et de la pratique analytique. Il faut restaurer la confiance dans les personnes qui font les entrées.
Revisiter les dispositifs d’entrée, ce qui est l’objet de cette réunion, s’avère une nécessité.
Avec la mise en place des candidatures, on a reculé les choses, mais il s’avère que dès l’entrée dans l’institution, les gens restent. Refuser une personne après l’avoir côtoyée durant deux ou trois ans, c’est difficile. Les personnes qui reçoivent le candidat devraient pouvoir en témoigner indirectement à deux autres : avec le coordinateur, ce dispositif constituerait donc un véritable cartel. Il importe de sortir le dispositif d’entrée du huis clos, et de mieux élaborer et expliciter pourquoi les gens entrent ou pas : c’est le principe de ce cartel d’entrée.
De plus, ce cartel pourrait accompagner le candidat et le revoir en cas de problème.
Ce dispositif n’a pas encore été mis au vote en AG : il le sera lors de l’AG de l’après-midi.
Enfin, tout un travail restera à faire autour du retour institutionnel des avancées des cartels d’association, moment qui reste vraiment très problématique, malgré l’écriture, déjà, de plusieurs textes.
Entre critères d’entrée et offre institutionnelle
Le Questionnement n’est pas une école, on n’y recherche pas la quantité des membres mais leur qualité, permettant le travail ensemble.
On n’y propose pas d’enseignement de type universitaire, on mise sur le caractère formatif des cartels, intercartels, lectures collectives et transmissions cliniques.
Les personnes qui s’adressent au Questionnement arrivent souvent avec des bribes de formation, et sont plutôt à la recherche d’espaces de travail. C’est la particularité du Questionnement : l’implication personnelle est indispensable pour apprendre.
Une autre particularité du Questionnement est le refus de l’incarnation du Maître.
Quand on s’implique dans le travail analytique, on doit pouvoir occuper toutes les places.
Se pose la question du transfert sur l’institution : proposer, fonctionner, critiquer dans l’après-coup, n’est-ce pas transférer sur l’institution ? Le transfert vient quand on fait offre : ne faut-il pas préciser que notre offre de travail repose sur Freud et Lacan ? Cela sera précisé dans l’élaboration du nouveau dispositif.
Si toutes ces particularités de l’institution sont claires, il s’agira d’en faire part aux candidats : loin d’être une exigence surmoïque, son entrée au Questionnement implique d’elle-même sa participation aux différents espaces de travail. Il est d’autant plus important que cela soit spécifié au candidat que les temps ont changé : les gens deviennent avares de leur temps, et cela dans tout le champ social.
Enfin, l’offre de travail du Questionnement implique que le candidat ait acquis par ailleurs, une formation et une expérience en psychopathologie : cette recommandation sera rajoutée aux critères du dispositif d’entrée.
Il faut aussi clairement définir la période de deux ans de candidature. Après ce délai, le candidat est invité à choisir entre s’engager, ou en rester là. S’il ne le fait pas, toute initiative revient au cartel d’entrée.
Voici donc la formulation du nouveau dispositif d’entrée tel que le Collège des associés le présentera à l’AG :
Le dispositif de candidature
Toute personne qui remplit les conditions prévues ci-dessous et qui désire inscrire son travail au Questionnement Psychanalytique comme candidat adresse sa demande au coordinateur qui lui fait part des 4 membres élus pour deux ans et constituant le cartel d’entrée. Le candidat choisira d’en rencontrer deux, dans des entretiens séparés, et ces deux membres témoigneront de cette rencontre aux deux autres et au coordinateur.
Le cartel d’entrée témoignera de son travail au journées de juin, et sera responsable de l’accompagnement du candidat durant ces deux ans, et cela même si la structure du cartel d’entrée s’est renouvelée par vote.
Cette procédure prend cours immédiatement après le vote de l’AG, pour les nouvelles demandes.
Conditions préalables :(voir statuts de 1987 art. 8)
- effectuer ou avoir effectué une analyse personnelle
- s’engager dans la lecture des textes fondamentaux de Freud et de Lacan, et participer activement aux travaux, cartels et séminaires organisés par l’association.
- pratiquer ou vouloir pratiquer en individuel ou en institution dans la mesure où ces pratiques sont directement liées aux principes de l’expérience psychanalytique.
- s’interroger sur son désir d’exercer une pratique psychanalytique;
- et enfin, recommandation est faite d’avoir une expérience et une formation en psychopathologie.
Sera proposée à l’AG un cartel d’entrée constitué de Sylvain Gross, Anne Debaar, Martin Petras et Martine Zwick. Raymond Aron sera suppléant, au cas où un analyste serait concerné par un analysant, ou serait souffrant. Il le sera uniquement pour les membres recevant le témoignage indirect.
La prochaine rencontre du Collège des associés aura lieu le mardi 30 janvier et aura pour objet la suite des dispositifs (cartel d’adhésion, cartel d’association). Le Bureau rassemblera les textes concernant le cartel d’adhésion, Sylvain et Colette prépareront le débat autour du cartel d’association.
Un dernier point est mis au débat, il concerne le paiement des entretiens d’entrée. Décision est prise de ne pas les faire payer. Plutôt que d’organiser les ordres du jour des réunions du Collège, décision est prise de fonctionner de façon collégiale.
Nadine accepte de continuer les compte-rendu et de faire circuler les éventuels textes par mail.
Pour le Collège des associés,
Nadine Van den Broeck