Collège des associés du 11 octobre 2011.
Présents : Françoise Antoine, Raymond Aron, Daniel Bonetti, Joëlle Conrotte, Anne Debaar, Godelieve Donck, Christian Fierens, Colette Godfrin, Clarissa Marco, Guy Mertens, Martin Petras, Felix Samoilovich, Nadine Van den Broeck, Béatrice Wauters, Bernadette Weyergans, Martine Zwick.
Excusés : Brigitte Furnelle, Sylvain Gross.
A propos du concept « refondation »
Felix reprend l’introduction qu’il a faite, lors de la réunion de rentrée, pour préciser le concept de « refondation ». Ce terme a choqué plusieurs membres, par la radicalité de ce qu’il implique. Ce concept est-il porteur d’un effet de dramatisation excessive, mettant à l’avant-plan une annulation, plutôt qu’un héritage ? Ce terme ramène au début des années 90, concernant les partis communistes français et italien : espérons qu’il s’agisse d’autre chose qu’une crise autolytique !
En préalable à la refondation : pourquoi changer ?
S’agit-il de changer notre fonctionnement pour faciliter le travail, ou pour corriger divers dysfonctionnements, dont l’inventaire pourrait être :
- l’entrée au Questionnement, posant des difficultés à divers niveaux : la procédure proprement dite,(ses critères, le jugement qui s’en dégage) ; le nombre des membres (avec Freud, faut-il se méfier de la multitude ? Sartre oppose le groupe, actif, de la série, passive ; Safouan souligne que le nombre renforce les effets de groupe au point de les rendre irrémédiables à un certain seuil).
- l’élection du président : c’est pour améliorer la procédure d’élection du président que l’AG de mars 2010 s’est emparée du concept de collège des associés, qui se réunit et propose deux candidatures à l’AG.
- une certaine « panne de désir » : certains remarquent une désertion des lieux collectifs de travail, et paradoxalement surtout par les nouveaux entrés. Le débat verra s’ébaucher deux positions distinctes. Faut-il insister sur la participation aux intercartels, conférences des invités, lectures publique, soirées sur la clinique, au risque que l’institution devienne surmoïque ? Faut-il au contraire reconnaître que la qualité du travail nécessite que chacun y vienne avec son désir propre, sans nécessité de « montrer qu’on vient ». Chacun a son désir propre, en quantité, en manière. Comment penser l’inhibition ? Si on se centre sur les dispositifs, on laisse de côté les désirs singuliers. Plutôt que de faire la chasse aux absents, donner un sens d’ouverture de désir aux gens, avec leurs contingences propres.
Quel est l’impact sur le QP de la crise de nos membres qui se mettent dans une certaine situation pour répondre à la normalité, s’adaptent à la demande..
L’idée vient qu’au-delà de la théorie analytique autour de la cure-type, il serait bon de proposer aux plus jeunes des opportunités de penser leur pratique telle qu’elle s’inscrit dans le tissu social actuel, bien différent de ce que les fondateurs ont connu.
Il faut faire offre si on veut qu’il y ait de la demande…
- la question de l’enseignement : il y a des dispositifs qui fonctionnent avec la demande, et d’autres dispositifs qui diffusent la psychanalyse. Comment les articuler ?
- la question du Conseil : ces dernières années, le Conseil a perdu de sa vitalité et de l’impact de ses avis sur l’institution. Certaines demandes au Conseil sont restées lettre morte. Le Collège des associés permet une réflexion plus collective pour traverser la crise actuelle.
Dans la mouvance du changement : ça a changé !
Sommes-nous vraiment les maîtres du jeu ? Force est de constater que « ça a changé »
Il importe de reconnaître que les changements de statuts, induits par la pression légale autour des asbl, ont induit une série de changements dont nous sommes en train de prendre la mesure, dans l’après-coup. Certains attirent l’attention sur ce qui est en train de se passer en Europe, en Italie particulièrement : la fragilité institutionnelle entraîne certains patients paranoïaques à réclamer des remboursements de cures, à entamer des procès… Il y a des recours au niveau européen qui pourraient avoir des effets directs sur la pratique de l’analyse laïque…Comment peut-on prétendre qu’on existe ? Ne risque-t-on pas de sacrifier l’essentiel à la nécessité de s’adapter ?
Pistes pour le changement..
A ce stade, je recommande à chacun le texte de Raymond Aron : « Réaction II » sur le site.
Lors de la réunion, Raymond insistait sur le 1+1+1 : éléments distincts ; mais projet commun soutenu par chacun. Fonder une institution où la parole analytique pourrait circuler, sans imposition d’un maître. N’existeraient que les maîtres librement choisis…
Raymond insiste sur la nécessité d’un ordre du jour pour la prochaine réunion.
Plusieurs personnes demandent au Bureau de collecter les textes existants qui pourraient étayer les fondements théoriques d’une refondation, ce socle théorique commun qui nous appartient (ces textes sont dorénavant disponibles dans la rubrique « Achives« ).
D’autres insistent sur la nécessité de « rafraîchir » les textes de la plaquette théorique, dont on peut témoigner des effets de transfert sur les textes que certains ont connu.
Rédiger d’autres textes, au plus près de la nouvelle réalité sociale (faut-il parler ou non de nouvelles subjectivités ?) ; en tout cas au plus près des nouvelles questions des plus jeunes, permettrait de « faire offre » de travail plus proche des pratiques cliniques actuelles auxquelles se confrontent les jeunes. Faut-il re-signer une nouvelle plaquette ?
Il importe au-delà des différences d’expérience, de témoigner du socle commun : accepter d’être travaillé par la parole analytique, qui prend en compte les ratages : ça rate, ça rêve, ça rit… et ça divise…les mots qui ne divisent pas sont inefficaces…
C’est de notre division intérieure qu’il importe de se soutenir, et non d’un quelconque conflit sur l’institution…
Invitation donc à relancer tout cela lors de la prochaine réunion…
Nadine Van den Broeck.