Présents : Françoise Antoine, Raymond Aron, Joëlle Conrotte, Godelieve Donck, Christian Fierens, Colette Godfrin, Sylvain Gross, Guy Mertens, Martin Petras, Nadine Van den Broeck, Charles van Puymbroeck.

Excusée : Bernadette Weyergans.

 

Les échanges très intéressants et constructifs de cette séance semblent confirmer l’évolution du cartel d’association vers une procédure en deux temps, la première, strictement analytique, serait dénommée « cartel de questionnement ».

La première remarque concerne un point de la séance précédente qui n’avait pas été repris comme tel dans le compte-rendu. Il s’agit du cas de figure de personnes entrant au Questionnement en ayant fait une analyse en dehors du champ freudo-lacanien, chez un analyste freudien, voire joungien, et qui demandent à effectuer le cartel d’association.

Ces personnes, dont on peut souligner l’insistance du désir, d’aller plus loin dans le champ de la psychanalyse, quitte à se confronter à un nouveau champ conceptuel, nous mettent en question à propos du lien entre la cure personnelle et la théorie.

Certes, le cartel d’association n’est pas là pour vérifier les connaissances théoriques du passant, ce qui est à entendre c’est sa position d’énonciation sur son parcours, sa clinique, sa vision de l’institution. Il n’y a pas d’obligation de parler de son analyse en termes théoriques, mais manifestement quelque chose s’articule entre la cure et la théorie. Les personnes qui s’engagent à écouter le passant répondent à sa demande de travail en cartel, elles n’ont pas à poser d’exigences préalable. Néanmoins, la discussion commune nécessite un minimum de concepts communs pour pouvoir se mettre au travail. (difficile par ex de discuter avec les concepts d’animus, d’anima, d’ombre…). Certes, les différences ne sont pas que conceptuelles, mais comme il fut dit , il faudrait probablement un colloque pour nuancer ce qu’il advient de la fin de l’analyse, du transfert etc entre les différents champs de la psychanalyse. Et une analyse chez un « freudo-lacanien » ne garantit d’ailleurs rien ! mais ce point renforce l’idée que dans une procédure en deux temps, le passant pourrait profiter du dispositif de travail du cartel d’association sans avoir à remplir dans la foulée des obligations de participation aux instances du Questionnement. 

Comment articuler, dès lors, un deuxième temps institutionnel après ce temps analytique ?

Une premier constat est que le terme de « cartel de questionnement » indique plus un point d’ouverture que d’un point d’arrivée (à un statut d’associé).

Le deuxième temps serait celui de la possibilité, et non de l’automatisme, de devenir associé. Pour ce deuxième temps, les propositions vont bon train.

Le passant referait-il un tour ? écrirait-il un courrier ?(comme le font les adhérents qui souhaitent devenir membres de l’AG) . Ce temps serait-il purement formel, ou créatif ?

L’initiative reviendrait-elle

– au passant, ce qui laisse toute la place à la temporalité de son désir ?

– aux associés qui ont participé au cartel de questionnement, ce qui ramène l’élément que nous essayons d’éviter, c’est-à-dire l’interférence d’un jugement lors du cartel de questionnement ?

– à l’institution, qui pourrait « aller chercher » le passant…mais comment : appel à la cantonade, ou demande à une personne particulière ? Et qui exactement dans l’institution : l’AG ? le collège des associés ?, (mais rappelons qu’il n’a de légitimité que transitoire, jusqu’en juin 2013)

Et à quel moment ? Y aurait-il un délai d’un an , comme dans le cartel d’adhésion, ou la question arriverait-elle d’office à l’AG de juin ?

Et comment le bureau par ex sera-t-il au courant si pas de la nomination, du moins du gradus du passant (il a passé le cartel de questionnement) ?Notons que cette difficulté existe déjà, et a posé des soucis ou des maladresses dans l’annonce faite à l’AG des personnes ayant passé le cartel d’association.

 

De toutes ces questions semblent se dégager surtout une position d’ouverture : l’initiative pourrait revenir au passant, ou à l’institution. Le Collège des associés étant voué à disparaître comme tel, avec le retour aux anciennes structures statutaires, en l’occurrence le Conseil, on pourrait lors des AG aménager un « temps des associés » où se ferait la cooptation des nouveaux associés. A ces nouveaux associés, (pas forcément, jeunes, mais récents !) on pourrait proposer un espace de créativité, leur demandant ce qu’ils aimeraient amener ou modifier dans le fonctionnement actuel de l’institution. Il semblerait qu’aux Cartels Constituants, les témoignages tant des passants, que des passeurs et des jurys soulignent le manque d’un temps de retour.

Ce point rejoint ce qui a occupé la fin de nos échanges : comment recueillir le travail des cartels de questionnement ? A l’école Sigmund Freud existe un collège de la Passe, et un enseignement produit par le Collège de la Passe. Cet enseignement, pour être recueilli, doit l’être, auprès des passants, avant que l’ouverture produite par le travail en cartel ne se referme. On pourrait imaginer que chez nous, proposition serait faite aux associés récents, (2 ou 3 ?) de pouvoir organiser avec les personnes de leur choix un temps d’élaboration de ce qui a été mis au travail dans les cartels d’association, concernant la fin de l’analyse, le passage à l’analyste. Il pourraient le faire selon la modalité qui leur semble la meilleure. Il en découlerait une visibilité dans l’institution. Des personnes extérieures pourraient y participer, d’autres institutions belges, ou de l’interassociatif.

Ceci ferait des associés non pas une simple réserve de recrutement, mais des personnes amenées à insuffler du neuf dans l’institution.

On voit que si beaucoup de propositions doivent être affinées ou précisées, un consensus se dégage, admettant la temporalité double du dispositif, et l’ouverture à une modalité institutionnelle qui serait de créativité et d’enseignement commun .

pour le Collège des Associés,

Nadine Van den Broeck