Présents : Raymond Aron, Joëlle Conrotte, Anne Debaar, Godelieve Donck, Christian Fierens, Colette Godfrin, Clarissé Marco, Martin Petras, Felix Samoïlovich, Nadine van den Broeck, Charles van Puymbrouck, Béatrice Wauters, Bernadette Weyergans
Excusés : Daniel Bonetti, Sylvain Gros, Guy Mertens, Martine Zwick.
Trois contributions importantes pour relancer le débat.
Christian Fierens a fait circuler par mail sa « Proposition pour le cartel d’association » ;
Martin Petras de la même manière a fait parvenir au collège ses « Remarques sur le cartel d’association » (ces deux textes ne sont donc pas repris dans ce compte-rendu),
et Béatrice Wauters nous a fait part de sa contribution personnelle dont voici quelques notes prises au vol, mais que Béatrice préfèrera peut-être reformuler et refaire circuler.
Dans le cartel d’association, s’aborde le désir de l’analyste, formation de l’inconscient, qui est ensuite à articuler avec le collectif : c’est le lieu du lien social.
Ce qu’on peut attendre d’un cartel d’association, c’est que le passant ait repéré le lien de ce désir à la loi du signifiant. Qu’il ait pu repérer certains signifiants qui interviennent dans sa vie : la métaphore paternelle est convoquée. La nomination peut venir étayer une métaphore paternelle fragile (Porge). S’il n’y a pas de nomination, ça a un effet de nomination quand même, du fait d’être entré dans le dispositif.
Quelque chose se dessine d’un savoir du passant sur la perte. Dans sa réflexion sur le transfert, qui est amour du savoir, quelqu’un peut témoigner qu’il est passé de l’objet agalmatique à quelque chose de l’objet a comme irreprésentable, comme un trou dans le savoir. De l’être, on ne saura jamais tout.
La fin de l’analyse est en rapport avec l’objet a et le trou dans le savoir : à un moment ça s’arrête. Ce qui n’a pas de fin fait place à la création d’un symptôme autour d’un savoir impossible sur le sexe (une analyse ça a une fin, une Passe ça peut ne pas en avoir).
Concrètement, Béatrice souhaite un maximum d’extérieurs dans le dispositif, et également un cartel des cartels d’association, où il est possible de parler de soi comme passant…
La discussion redémarre des textes présentés.
L’analytique, c’est soutenir la direction de la cure comme définie par Freud et explicitée par Lacan. L’institution, c’est ce qui donne lieu à : support, effectivité et aussi indétermination.
Il est logique qu’il existe un décalage entre les demandes que formule le QP, et les réponses qui ne viennent pas forcément. S’agit-il plus de demandes, ou d’offres ?
Le terme coaptation, que Martin reconnaît avoir utilisé avec une certaine provocation, estimant que dans tous les dispositifs d’écoles il s’agit d’admettre, d’associer des gens, ce terme donc est remis en question en tout cas en ce qui concerne le cartel d’association. Il se retrouverait plus dans les étapes antérieures, candidature, cartel d’adhésion, délai d’attente et lettre écrite au Bureau demandant le statut de membre. Rappelons qu’ensuite le Bureau accepte d’amener la demande à l’AG où se procède au vote, vote un peu expéditif selon certains, mais c’est le moment des procédures qui est le plus lié aux statuts des asbl en général.
Ayant redéfini le cartel d’association, comment condescendre aux aspects institutionnels ?
Quel est en définitive le lieu où peut se dire son engagement par rapport à l’institution ?
Et pour les écoutants, qu’en est-il de la notion de jugement (problématique car sur quel objet ?) ? Et du témoignage indirect ?
Le cartel d’association fonctionne-t-il vraiment sans apport extérieur de l’institution ?
Sûrement pas : celle-ci intervient ne fut-ce qu’en produisant la liste des associés…
Mais l’essentiel reste l’éthique de la direction de la cure, qui ne consiste pas à mener une personne d’un point à un autre, mais part du présupposé que le désir est articulé, déjà là chez l’analysant. La direction de la cure est comme une boussole qui indique le Nord quel que soit l’endroit où on la place ; on a une orientation très concrète du travail de l’analyste. Quand on entend des personnes en 2ème ou 3ème tranche, on peut se rendre compte qu’un analyste peut parfois perdre le Nord. Est-ce que dans un cartel d’association on peut parfois entendre que quelqu’un pourrait perdre le Nord ? Pas entendre son désir, mais voir comment il occupe ou pas la position du semblant, comment il favorise le manque chez son analysant…
Le travail de l’interprétation, de circulation entre les signifiants , comme il se passe dans les cures, doit aussi se passer dans l’institution. Confronter les points de vue, penser, cela a une dimension interprétante qui permet de ne pas se bloquer sur une représentation de l’institution.
La question qui concluait la dernière réunion reste entière : faut-il ou non dissocier le cartel d’association en deux temps ? Le temps proprement analytique du passant en cartel, et un temps institutionnel (de demande ? d’offre ? de filtre ? de garantie ?)
A repenser l’ensemble du travail jusqu’ici, force est de constater qu’une décision sur ce sujet semble prématurée. Il y a sans doute à présenter en AG les propositions de modification de la procédure du cartel d’adhésion selon le consensus qui s’est dégagé parmi le collège des associés, et peut-être, éprouver les effets de sa mise en application, avant de repenser la suite des procédures. Le collège des associés s’est constitué pour une durée de deux ans, il est temps, au terme de cette première année, de reprendre le débat avec l’entièreté des membres.
Pour le collège des associés,
Nadine Van den Broeck