Transmission orale et transmission de la clinique psychanalytique.
Il ne vas pas être question de savoir sur la transmission de la clinique psychanalytique, dans le bref compte rendu du travail qui nous a rassemblés ces trois dernières années, Colette, Tanguy et moi même.
Nous avons plutôt voulu vous faire part, des manques et de nos questions. D’abord celles qui nous ont donné envie de travailler ensemble. Il fallait bien qu’il y ait un trait ou de l’attrait, pour ne pas en démordre, comme cela.
Ces questions, nous ne les avons pas gardées pour nous, car, s’agissant de transmission et de psychanalyse, nous avons interpellé les membres fondateurs, ainsi que quelques autres membres ayant des fonctions qui soient en lien avec la pratique et la clinique au sein du Questionnement.
Mais aussi avec les membres, lors d’autre moments de la vie de notre association.
Ensuite et à partir des échanges avec nos collègues, nous avons eu l’idée d’imaginer un dispositif qui puisse répondre à nos souhaits en matière de transmission. Il ne s’agissait pas de supplanter les autres modalités, bien sur. Analyse, contrôle, cartels, entretiens et exposés, conservent tout leur intérêt et ne sont pas en cause en tant que tels.
Nous avions un sentiment de trop peu, peut être. Le passage de l’intime au public, manquait d’une voie médiane, qui soit, elle aussi un espace de travail et de transmissions dans notre association.
La question de la formation de l’analyste en a ouvert d’autres. Concernant notre association et nos rapports avec elle, comme l’ont déjà souligné Colette et Tanguy. Ce qui a fait trait pourrait se situer autour de l’espace de parole qui est accordé a nos pratiques de la psychanalyse.
Au passage autant dire d’emblée qu’elle ne doit pas être, une seule, cette psychanalyse. En tout cas vue sous l’angle de sa pratique.
Je me permet dés lors d’imaginer que ce constat, présuppose les prémisses d’un hic ou « ique » qui pointe une question. « Hic est quaestio » dit la locution latine. On pourrait la formuler en se demandant s’il est possible de constituer un espace d’échanges dont l’objet seraient nos pratiques « psychanalytiques ».
Autrement dit, que les psychanalyses pratiquées aient un lieu où exister, s’énoncer, s’élaborer, se relancer, ou se remanier. C’est ce que Colette et Tanguy viennent de vous exposer.
Privée de pratique, de la psychanalyse il ne resterait plus qu’un discours. Est ce osé, de penser une telle chose. Mais d’où pourrait on interroger, questionner la psychanalyse, si ce n’est depuis une pratique. Peut on envisager, qu’avant d’être interrogée par les seules questions du psychanalyste, la psychanalyse l’est par l’analysant qui les amène à l’analyste.
C’est un savoir faire (écouter et dire ), qui donne accès au savoir inconscient. En partie du moins.
Transmission, suppose qu’il y ait un objet qui circule entre au moins deux personnes. La psychanalyse est depuis sa naissance aux prises avec cette objet. Ne reçoit on pas au travers du langage un patrimoine de signifiants dont l’articulation singulière fait de chaque être humain un individu tout à fait singulier.
Cette singularité, loin s’en faut, n’est pas un gage de liberté pour le sujet. C’est avec la dimension inconsciente de cette transmission « première » si l’on peut dire, que l’on a à faire lors d’un parcours d’analyse. Je dis, parcours, car ça vaut aussi bien pour l’analysant que pour l’analyste.
Avant d’entreprendre le parcours de l’analyse on a bien souvent rencontré une partie du monde dans lequel nous vivons, les autres et donc, une altérité qui nous questionne voire nous malmène.
C’est avec des questions liées à ce que nous sommes et à ce qu’est le monde, que se construit le symptôme qui conduit chez l’analyste.
Que l’on sache, c’est oralement que les choses se passent ensuite. C’est en partie inexact, ce que j’affirme là. Il n’y a pas que la parole pour dire, C’est juste pour ne pas la faire trop longue et vous laisser la parole, que je condense les idées de cette façon.
Mais avant cela je voudrais conclure en articulant ces quelques traits de notre travail.
Une partie de la transmission de la psychanalyse au sein du QP nous a semblé nécessiter d’une modalité nouvelle. Moins intime et moins publique, peut être ? Mais surtout qui dispose, comme disait Tanguy l’an passé.
L’intérêt majeur est qu’il puisse s’y produire des effets d’analyse. En partant de la parole de quelques analystes/praticiens qui se réunissent autour des questions qu’ils rencontrent dans leur pratique clinique. Nous avons vécu tous trois cette expérience avec d’autres, l’an passé. Des dires de chacun des participants, il y a eu transmissions, au pluriel car la modalité de travail elle même fait qu’on y apporte de sa parole et on reçoit celle des autres participants.
Là dessus nous laissons place à vos réactions et espérons que nous aurons réussi à transmettre le trait qui nous a mis au travail ensemble, sans toutefois faire un.
Vincenzo Ferrara
Juin 2011